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Santé

Les modèles épidémiologiques sous les feux de la rampe

Sociologue, Historien et philosophe des sciences

Alors qu’émerge l’hypothèse d’une deuxième vague de Covid-19, les épidémiologistes sont de retour dans les médias pour expliquer quel avenir et solutions possibles dessinent leurs modèles. Depuis l’essor de la pandémie, ces modèles ont été brandis comme justifications à des décisions politiques radicales : confinement, fermeture des frontières nationales ou encore surveillance des déplacements des citoyen·ne·s. Il est donc important d’en comprendre à la fois les caractéristiques, et les limites.

Depuis le début des années 2000, le monde a été frappé, avec une fréquence croissante, par des épidémies zoonotiques d’intensité variable. Dans le même temps, une nouvelle communauté de scientifiques européen·ne·s et américain·e·s s’est constituée, qui tire d’une connaissance physicienne et computationnelle des réseaux complexes, un ensemble d’outils d’analyse et de prédiction des épidémies. Cette communauté se revendique d’une nouvelle spécialité, l’« épidémiologie computationnelle », et offre son expertise scientifique aux pouvoirs publics afin d’évaluer les risques de contagion, les populations vulnérables, et l’effet des mesures d’intervention pour endiguer la propagation.

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Parfois mise en avant, parfois contestée, cette spécialité fait désormais partie de l’appareillage standard de préparation sanitaire dans nombre d’États. Même si ses représentant·e·s sont de plus en plus invité·e·s sur les plateaux et interviewé·e·s par les journaux, l’épidémiologie computationnelle reste...

Fabrizio Li Vigni

Sociologue, Laboratoire Interdisciplinaire Sciences Innovations Sociétés, Université Gustave Eiffel, Champs-sur-Marne

Quentin Rodriguez

Historien et philosophe des sciences, Doctorant à l’université Clermont Auvergne