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Le fragile accord de relance européen

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Au cœur du discours d’Ursula Van der Leyen ce mercredi, le plan de relance signé en juillet par les pays de l’Union européenne est présenté comme un tournant historique. Certains enthousiastes ont cru y voir l’embryon d’un budget fédéral, voire un premier pas vers une Europe solidaire. Un examen précis révèle en réalité les inégalités qui perdurent entre les États, le recours au recettes habituelle, et au final un impact économique qui pourrait se révéler bien faible.

Le 21 juillet dernier, les chefs d’État et de gouvernement européens se sont mis d’accord sur un plan de relance de l’économie européenne après sa mise à l’arrêt par l’épidémie de Covid-19. Comme toujours après un conseil européen difficile, tous les participants ont déclaré qu’ils avaient gagné ; cette manière de présenter les négociations européennes comme un affrontement entre États dans lequel chacun doit arracher une victoire sur ses partenaires, cela en dit long sur la solidarité et l’esprit fédéraliste qui règnent au sein de l’Union européenne.

Les médias ont mis en valeur le rôle décisif de leurs représentants nationaux et insisté sur le caractère « historique » des décisions prises. Puis comme toujours, les polémiques sont venues, d’autant plus bruyantes que les résultats de la négociation avaient été présentés avec emphase et beaucoup d’approximation.

Nous essayons ici de présenter une évaluation aussi objective que possible de cet accord, en rappelant que le Conseil européen devait se prononcer en même temps sur un plan exceptionnel de relance et sur le budget de l’Union européenne de 2021 à 2027. Deux sujets dont l’articulation présente de nombreuse...

Jean-François Collin

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