A Analyse

Politique

L’imagination, notre Commune (2/2)

Philosophe, historien de l'art

En musique, donner le ton c’est faire entendre la note qui va définir ensuite la tonalité d’une œuvre. C’est un commencement ou un recommencement, c’est l’expression d’un désir, d’une liberté qui ouvre des possibles. Or le ton, terme polysémique, peut aussi désigner une couleur en peinture. Qu’est-ce à dire ? Que ce qui est affaire de liberté – la liberté de commencer –, donc d’éthique et de politique, est tout autant affaire de sensibilité, c’est-à-dire d’esthétique. Mais aussi, plus fondamentalement, affaire d’imagination. Dernier volet d’une série de deux articles.

Donner le ton c’est, en musique, faire entendre la note – résultat d’un tonos, c’est-à-dire d’une tension spécifique sur la corde de l’instrument – qui va, par la suite, engager toute la tonalité d’une œuvre. L’expression convient très bien à Kant, non seulement parce qu’après lui la philosophie tout entière a bien changé de ton et de tonalité, mais encore parce que sa pensée même fut une pensée du commencement ou du recommencement.

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Le ton de l’histoire sera donc « temps du commencement », comme le développe Françoise Proust en insistant – ce qu’Ernst Bloch, en particulier, av...

Georges Didi-Huberman

Philosophe, historien de l'art, Directeur d'études de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS)