Béatrice Pire

Critique, Maîtresse de conférences-HDR en littérature américaine

Béatrice Pire est maître de conférences-HDR en littérature américaine à Paris 3-Sorbonne Nouvelle. Ses recherches portent sur la fiction américaine contemporaine (Rick Moody, David Foster Wallace, Jonathan Franzen…). Elle est l’auteure de Hart Crane ou l’âme extravagante (Belin 2003), David Foster Wallace : Presences of the Other (ed. with Patoine, Sussex AP 2017), Figures de la décomposition familiale dans le roman américain contemporain (Michel Houdiard 2018), Contemporary American Fiction in the Embrace of the Digital Age (ed. with Patoine & Regnauld, Sussex AP, July 2021). Elle travaille actuellement sur les nouveaux couples/duos littéraires américains. Elle a été critique littéraire aux Inrockuptibles et au Magazine Littéraire.

Ses publications sur AOC

jeudi 18.02.21

Critique

Regarder la mort droit dans les yeux – sur Dernière nouvelles de William T. Vollmann

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Plonger ses yeux dans celui d’un crâne et soutenir son regard pour n’y découvrir que du vide ou bien le lieu de projections fantasmatiques infinies, comme dans une chambre obscure. Tel est, semble-t-il, le projet que William T. Vollmann s’est assigné dans son livre Dernières nouvelles, qui rassemble trente-deux nouvelles aussi insaisissables et irreprésentables que le sujet qu’elles traitent : la mort. Loin d’y répondre par un silence, Vollmann en fait une source inépuisable de fictions riches et foisonnantes.

mercredi 13.01.21

Critique

Un dégoût nommé désir – sur Nostalgie d’un autre monde d’Ottessa Moshfegh

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Ranimant la tradition d’un « réalisme sale » en vogue dans les années 1980, Ottessa Moshfegh cultive un goût prononcé pour le trash, comme en témoigne son recueil de nouvelles Nostalgie d’un autre monde. Un « autre monde » ? Un bas-monde plutôt : un royaume décrépit et médiocre, un lieu d’errance et de déshérence. Et si d’autres écrivains américains idéalisent le trivial à travers un lyrisme des bas-fonds, Ottessa Moshfegh montre, quant à elle, la banalité de la fange ou l’évidence de la laideur, ce qui rend sa voix si étrange et singulière.

jeudi 19.11.20

Critique

Pompiers de papier – sur Considérations sur le homard II de David Foster Wallace et Et si on arrêtait de faire semblant ? de Jonathan Franzen

par

Deux recueils d’essais viennent d’être traduits de l’anglais : le deuxième tome de Considérations sur le homard de David Foster Wallace et Et si on arrêtait de faire semblant ? de Jonathan Franzen, deux grands romanciers américains – et deux amis – qui ont en partage un regard sur le monde d’une rare lucidité. Ce qui en fait aussi de grands essayistes, c’est-à-dire, selon Franzen, des pompiers « dont la mission, quand tout le monde fuit les flammes de la honte, est de s’y précipiter ».

mercredi 16.09.20

Critique

Des vies à trois francs six sous – à propos de Nickel Boys de Colson Whitehead

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La Dozier School for Boys, maison pénitentiaire de Floride, a été le théâtre de persécutions violentes et de crimes racistes. C’est dans ce lieu que Colson Whitehead place son nouveau roman, Nickel Boys, où il imagine la trajectoire du jeune Elwood Curtis, noir, condamné à tort dans les années 1960 pour un vol qu’il n’a pas commis. À l’instar du mouvement « Black Lives Matter », l’auteur dépasse le « post-racial », en rendant compte d’une réalité historique de persécutions, d’injustices et de crimes perpétrés à l’égard des Afro-Américains.