C Critique

Cinéma

Deux films allemands. Deux façons de voir l’histoire

Professeur de littérature comparée

Le cinéma allemand est à l’honneur cette semaine lors du 23e Festival qui lui est consacré au cinéma l’Arlequin, à Paris. L’occasion de revenir sur deux films allemands sortis cette année sur les écrans, et de comparer leur façon d’aborder les fantômes du passé : le communisme dans La Révolution silencieuse de Lars Kraume, le nazisme dans Transit de Christian Petzold.

Deux films allemands sont sortis sur les écrans au printemps, l’un ovationné, La Révolution silencieuse (mars 2018) de Lars Kraume, l’autre à l’accueil plus mitigé, Transit (avril 2018) de Christian Petzold. Le premier se retrouve encore aujourd’hui dans certaines salles et circulera bientôt dans les écoles, l’autre a pratiquement disparu. Tous deux ont à voir avec la grande histoire, comme on dit, désormais historique et mémorielle à la fois, pourtant le premier la raconte en reflétant une esthétique de la reconstitution dont notre époque est en appétit, le second s’inscrit en faux contre ce canon, nous laissant quasiment sur notre faim. Étude comparée sans concession.

Tout réalisme n’est pas conventionnel. Mais celui qui est le plus souvent adopté, surtout quand il s’agit d’événements historiques, repose sur l’alliance de la reconstitution la plus vraisemblable et de l’émotion que suscitent des personnages facilement reconnaissables ; le spectateur est alors invité à s’identifier à une partie d’entre eux et, de tout...

Philippe Mesnard

Professeur de littérature comparée, Université Clermont Auvergne