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Les élections brésiliennes et la biodiversité

Chercheur à l'Institut Chico Mendes (ICMBio)

À trois jours de l’élection présidentielle au Brésil, Jair Bolsonaro fait une nette percée dans les sondages et semble pour la première fois en mesure de l’emporter au second tour. Que signifierait l’élection du candidat d’extrême droite dans un Brésil qui détient deux records : celui de la biodiversité la plus riche au monde, et celui des assassinats de défenseurs de l’environnement ? Les déclarations du candidat font craindre l’instauration d’un climat d’impunité pour les crimes contre l’environnement, et ceux qui le défendent.

Fin août, M. Jair Bolsonaro, candidat à la présidence du Brésil, était présent dans l’État de Rondônia, en pleine Amazonie, où les taux de déforestation ne cessent de monter depuis 2011. Entouré de cinq hommes (et d’aucune femme), le candidat a pris des positions fermes contre « l’activisme environnemental », qui ne saurait perdurer dans son futur gouvernement. De quel activisme s’agit-il ? Il précise : « Ces amendes, cette extorsion par IBAMA et ICMBio [agences fédérales de l’environnement], ce sera fini ! » En d’autres termes, les amendes prévues dans la législation brésilienne pour défrichement illicite, transport de bois illégal, etc., le voilà, selon lui, l’insupportable « activisme ».

Malheureusement, rien de bien nouveau dans l’histoire brésilienne. En 1914, année d’une sécheresse terrible durant laquelle la fumée des feux de forêt envahissait sa maison, l’écrivain Monteiro Lobato se plaignait déjà des politiques et de la police qui ne faisaient rien : « Les électeurs de la campagne, en échange de leur ...

Evandro De Martini

Chercheur à l'Institut Chico Mendes (ICMBio)