C Critique

Littérature

Agnès Desarthe ou l’art romanesque de l’exil

Journaliste

Dans La Chance de leur vie, Agnès Desarthe campe une famille française expatriée en Caroline du Nord et propose comme nœud central de son roman un hommage rendu aux États-Unis aux victimes des attentats du 13 novembre. Comme toujours, la romancière française trouve une manière formelle originale de mettre en scène des personnes déplacées.

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C’est une scène qui débute à la page 161. Soit pratiquement au centre du livre. Nous sommes à l’automne 2015, Sylvie et son mari Hector viennent d’arriver aux États-Unis où Hector, professeur de philosophie, a obtenu un poste dans une université de Caroline du nord. Alors qu’ils tentent de s’acclimater à leur nouvelle vie avec leur fils adolescent, Lester, la France est touchée par le terrorisme à travers les attentats du 13 novembre. Le doyen de l’Université propose de réunir les francophones du campus pour une minute de silence. Sylvie et Hector sont, bien entendu, conviés.

Comme toujours chez Agnès Desarthe, la scène peut paraître anodine et elle est primordiale.

D’abord parce qu’elle concentre plusieurs thématiques présentes dans...

Sylvie Tanette

Journaliste, Critique littéraire