C Critique

Essai

En attendant Kafka, en attendant la décolonisation – sur K comme Kolonie de Marie-José Mondzain

Professeur de littérature anglaise

Dans K comme Kolonie. Kafka et la décolonisation de l’imaginaire, Marie-José Mondzain s’est intéressée à La Colonie pénitentiaire de Kafka, cette nouvelle où l’on découvre le monstrueux système judiciaire d’une colonie. Empruntant à la littérature, au cinéma, à l’histoire, la philosophe signe un essai « primesautier » et « jubilatoire », qui décolonise l’imaginaire du lecteur, et qui plaide pour toutes les décolonisations.

La Colonie pénitentiaire est un texte souvent commenté de Kafka, écrit en 1914 et publié en 1919. Dans un essai aussi percutant qu’original, K comme Kolonie, Marie-José Mondzain en renouvelle la lecture, au prisme non pas du « décolonial », terme qu’elle goûte fort peu, mais de la « décolonisation ».

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Petit par la taille, mais grand par l’ambition, son livre donne les clefs d’une libération des imaginaires, notamment « impériaux », par la grâce d’une déambulation critique, qui, une fois n’est pas coutume, fait la part belle au croisement entre le fictionnel et le fugitif. À l’heure du post-confinement, un pareil hymne à l’esprit de fuite ne pouvait pas mieux tomber.

Si la lettre...

Marc Porée

Professeur de littérature anglaise, École Normale Supérieure (Ulm)