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Post-vérité : au bazar de l’information

Journaliste

Il ne faudrait plus dire « fake news » mais « infox », terme préféré par l’Académie française et publié la semaine dernière au Journal officiel. Au-delà du débat sémantique, le véritable enjeu consiste à prendre toute la mesure de la transformation de l’espace public en ces temps de post-vérité. Pour Matthew D’Ancona, éditorialiste au Guardian, la presse de référence apparaît plus que jamais essentielle pour entretenir le seul rempart efficace : le comportement citoyen. Extrait de son livre à paraître.

Si la faillite des institutions a érodé la confiance, l’industrie multimilliardaire de la désinformation, la propagande mensongère et la fausse science qui ont vu le jour ces dernières années en ont fait autant. De même que la post-vérité n’est pas seulement le nouveau nom du mensonge, de même cette industrie n’a rien à voir avec le lobbying dans ce qu’il a de légitime ni avec les relations d’affaires traditionnelles. Les entreprises, les associations, les organisations diverses et les personnalités publiques ont le droit de chercher des soutiens au milieu du labyrinthe gouvernemental et médiatique. Cela fait partie du tumulte de la prise de décision politique, des consultations, de la publicité, et ne menace en rien la vie civique.

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Assez différent, toutefois, est l’accroissement de la falsification menée par des organisations agissant au nom d’intérêts plus vastes, dont le but est de supprimer une information sérieuse ou d’empêcher certains d’y recourir. Comme l’a écrit le journaliste Ari Rabin-Havt: « Ces mensonges font partie d’une stratégie coordonnée p...

Matthew D'Ancona

Journaliste, Éditorialiste au Guardian et au New York Times