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Urbanisme

La Plaine à Marseille ou la démocratie emmurée

Philosophe

Depuis le 29 octobre dernier, la Plaine à Marseille est ceinte par un mur de béton de 2,5 m de haut. Ce qui était jusqu’à cette date la plus grande place publique de la ville a fait l’objet d’un plan de « requalification » – soit une privatisation lucrative. Alors que d’autres quartiers sont laissés à l’abandon, cet emmurement est le symbole de la violence des politiques d’aménagement urbain et de l’échec de la démocratie.

À Marseille, un nouveau paysage, entre prison, état de siège, camp d’internement, est apparu. Depuis mardi 29 octobre 2018 se déploie autour de la plus grande place de la ville, la place Jean Jaurès, appelée plus communément la Plaine, une ceinture de béton de 2,5 m de haut. Ce jour-là, la pluie tombe dru, ajoutant du sinistre au monstrueux, floutant la violence disproportionnée du dispositif face à quelques dizaines de protestataires détrempés – assez peu soutenus par le gros de la population locale il est vrai.

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Séparés des opposants par des cordons d’agents de police et de CRS, les ouvriers disposent à l’aide de machines géantes des éléments en L, 50 cm plus haut que ceux qui ont été utilisés pour interdire l’accès au plus grand site d’enfouissement de déchets radioactifs en France, celui de Bure. Leur fonction, est-il annoncé, est de « sécuriser » le long chantier au terme duquel la place sera entièrement « requalifiée ». Serait-ce un nouveau « mur de la honte » ? La place la pl...

Joëlle Zask

Philosophe, Professeure de philosophie politique à l'université d'Aix-Marseille