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Sahel : l’incohérence des zones sécuritaires

Chercheur en santé publique et géographe de la santé

Un militaire français a été tué dans un attentat au Mali, où 49 soldats maliens et un civil sont également morts ce weekend. Pourtant, malgré la dangerosité de la zone sahélienne, les scientifiques doivent pouvoir continuer à mener leurs travaux sans lesquels les choix politiques, comme l’action de développement économique, sont uniquement dépendants des militaires. Il est donc urgent de s’interroger sur les protocoles de sécurité qui empêchent de facto toute recherche française aujourd’hui dans la région.

La plupart des Françaises et Français ont récemment découvert ce que les zones orange et rouges voulaient dire pour le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE). En mai 2019, les médias ont longuement évoqué l’enlèvement de deux touristes français dans le Nord du Bénin et l’assassinat de leur guide béninois. À l’époque, il a régné une certaine confusion sur le fait que la zone où s’étaient rendues ces trois personnes était interdite, ou pas, selon les consignes du MEAE.

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Les journalistes ont notamment affirmé que « La zone de Pendjari avait récemment été classée parmi les zones “formellement déconseillées” par le Quai d’Orsay ». Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères avait même entretenu la confusion en affirmant dans un premier temps que la

Valéry Ridde et Emmanuel Bonnet

Chercheur en santé publique et géographe de la santé , Directeur de recherche à l'IRD et chargé de recherche à l’IRD