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Environnement

Coronavirus, un mal pour un bien ?

Socio-anthropologue

Rendons grâce au Dieu bienfaisant Coronavirus, qui nous a réveillé de notre prison économique : désormais, nulle autre solution que de renverser notre échelle de valeurs. Après le dogme de l’exceptionnalité humaine, qui érige l’économie mondialisée en première préoccupation aux dépens de la Terre et de ses habitants, il va nous falloir ralentir, et retourner à un principe de vie qui unit humains et non-humains. Pour le meilleur.

Nous sommes en 2020, une épidémie venue de Chine envahit l’Europe du nom de Coronavirus. L’inquiétude est palpable, bien que tous n’aient pas lu la Peste à Athènes de Thucydide, l’épidémie raisonne comme un mal absolu, une fatalité qui laisse l’homme impuissant lorsqu’il n’est pas en mesure de la contrer.

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Ce virus fait resurgir la mémoire des épidémies, celle rapportée par Thucydide mais aussi par Camus dans son livre fameux la Peste qui toutes deux ont marqué notre imaginaire social.  Venise récemment, vient d’être mise en quarantaine, cette mise au ban de la Sérénissime a une forte puissance d’évocation. Nous avions oublié le sens du mot épidémie et de son superlatif, la pandémie, croyant à notre exceptionnalité humaine pour la neutraliser et l’endiguer. Et soudain nous découvrons sa résurgence qui nous sidère et qui occupe toutes nos conversations.

Le Coronavirus dans l’espace public prend la place du réchau...

Bernard Kalaora

Socio-anthropologue, Chercheur associé au LAIOS (EHESS)