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Santé

Les soignants des urgences : « des pros pas des héros ! »

Sociologue, Sociologue, Sociologue

L’épidémie de Covid-19 apporte un nouvel éclairage sur le rôle capital joué par les services d’urgence dans la gestion de crises sanitaires, mais aussi de l’abnégation qu’on exige des soignants dans ces moments-là, et de la charge morale qui pèse sur eux lorsqu’ils en viennent à devoir prioriser les patients. Face à la crise, qui préexiste à la situation actuelle, il faut se souvenir que l’hôpital a certes un coût mais que sa triple mission – sanitaire, sociale et éthique – n’a pas de prix.

Cela fait maintenant une semaine que la France est confinée. Une semaine que chaque soir des applaudissements retentissent pour encourager les personnels de santé mobilisés dans la gestion de la crise du coronavirus. Le début du confinement marque également le premier anniversaire d’une autre mobilisation, celle du Collectif Inter-Urgences, créé afin de dénoncer les conditions de travail de plus en plus dures résultant des réformes néo-managériales de ces dernières années : manque de moyens, sous-effectif chronique, augmentation des cadences, etc.

Un mal-être palpable chez les professionnels de santé qui se manifeste concrètement dans leur corps (stress, dépression, anxiété, burn-out, violence). Cela fait longtemps qu’on le sait, l’hôpital est en crise et les soignants sont à bout. Crise de l’hôpital à laquelle s’ajoute désormais la crise sanitaire du Covid-19. Comment la communauté soignante, malmenée, épuisée et découragée, est-elle censée gérer la crise du coronavirus ? Comme des héros aux superpouvoirs ?

C’est en tout cas ce qu’espère le président de la République qui

Thomas Denise

Sociologue, chercheur associé au Centre de Recherche Risques et Vulnérabilités

Jérémy Geeraert

Sociologue, Institut d’ethnologie européenne de l’Université Humboldt

Déborah Ridel

Sociologue, doctorante au CLERSE