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Pour une hybridation des arts et des sciences sociales

Géographe

À crise inédite, réponse inédite. En attendant un déconfinement des lieux de culture et des universités, l’heure n’est-elle pas au déconfinement de la pensée et des pratiques ? Riches de leurs diverses expérimentations faites pendant la pandémie, créateurs et chercheurs n’auraient-ils pas tout intérêt à s’extirper du carcan de leur discipline pour croiser leurs approches ? Et tenter un pas de côté, emprunter des chemins de traverse. Qui sait si, ce faisant, ils ne débusqueraient pas des lapins de garenne et des champs en friche au potentiel productif insoupçonné.

Bien que ne faisant pas officiellement partie des professions dites prioritaires, les artistes, créateurs, enseignants-chercheurs et chercheurs se trouvent pourtant eux aussi « au front » dans la « guerre » menée contre le coronavirus, pour filer la métaphore guerrière qui fut chère au président Emmanuel Macron. Non seulement leurs lieux de travail, salles de théâtre, ateliers, galeries, laboratoires, universités ont été parmi les premiers fermés dès la mi-mars 2020 mais en plus, ils seront les derniers à rouvrir. Face à cette situation inédite, artistes et chercheurs ne sont pas restés sans réaction, loin s’en faut. Ils ont fait preuve d’inventivité.

Boris Grésillon

Géographe, Professeur à l'Université Aix-Marseille, Senior Fellow de la fondation Alexander-von-Humboldt (Berlin)