A Analyse

Enseignement supérieur

Enseignant-chercheur, sombre bilan

Politiste

Les récentes et profondes transformations des universités françaises semblent aujourd’hui s’accompagner d’une crise du métier et de la vocation d’universitaire. Bien comprendre ce malaise implique de revenir sur certaines évidences, et notamment sur la prétendue inadaptation des universités, pour mieux saisir les évolutions du métier d’universitaire et le trouble, bien réel, qui affecte ceux qui l’exercent.

D’abord, comme l’ont montré Romuald Bodin et Sophie Orange, l’université française n’est pas à proprement parler « en crise ». D’une certaine manière, elle a même remarquablement résisté aux transformations structurelles qui l’ont bouleversée dans les dernières décennies. Ainsi depuis le début des années 1980, les effectifs des étudiants inscrits à l’université ont doublé (de 800 000 en 1980 à plus d’ 1,6 million en 2016). Actuellement l’université accueille chaque année de 30 000 à 60 000 étudiants supplémentaires. Cette massification des effectifs a conduit dans le supérieur des publics de plus en plus diversifiés du point de vue de leurs origines scolaires et sociales. L’université n’a ainsi cessé d’attirer de nouveaux bacheliers, de former des étudiants qui trouvent un emploi, de diversifier et d’enrichir son offre d’enseignement.

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Les travaux de Romuald Bodin et Sophie Orange, montrent aussi que les taux d’abandon en premier cycle, souvent ...

Éric Agrikoliansky

Politiste, Professeur de Science Politique, Vice-président de l'Université Paris-Dauphine/PSL, IRISSO