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Politique

Marseille, l’élection introuvable

Politiste

L’absence de Jean-Claude Gaudin, maire depuis 25 ans, faisait des municipales à Marseille une élection particulièrement scrutée. Mais le décalage entre l’apparente ouverture de la configuration politique et l’étroitesse des propositions et visions tenues durant la campagne s’est révélé trop béant pour ne pas susciter d’interrogations. Le confinement a étiré les négociations et tractations, et demain la deuxième commune de France pourrait bien s’avérer ingouvernable.

L’élection municipale devait changer le visage de Marseille, tourner la page de vingt-cinq ans de gaudinisme, rompre avec plusieurs décennies d’abandon des services publics locaux, sanctionner les pratiques clientélistes et l’affairisme, pointer du doigt l’incurie, l’inconséquence et l’incompétence d’élu·e·s responsables, sinon coupables, des effondrements de la rue d’Aubagne et de la désastreuse gestion de la crise des délogé·e·s….[1]

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Cette élection n’a pas (encore) eu lieu. En cause, bien sûr, la crise sanitaire qui après avoir bouleversé les conditions d’organisation du premier tour a contraint au report du second, qui aura finalement lieu le 28 juin prochain, après de nombreuses tergiversations. Pour autant, des leçons peuvent être tirées de cette élection à nulle autre pareille et surtout de cette campagne qui elle non plus n’a pas eu lieu… mais pourrait s’avérer riche d’enseignements sur le po...

Nicolas Maisetti

Politiste, Post-doc à l’Université Gustave-Eiffel. Chercheur contractuel au LATTS