C Critique

Théâtre

Magma Novarina – à propos de L’Animal imaginaire au Théâtre de La Colline

Chercheur en littérature et sciences sociales

Comme d’autres Modernes avant lui, écrivains ou cinéastes, Valère Novarina éprouve le besoin de revisiter son territoire (le Novarimonde) pour nous emmener dans la nouvelle révolution qui s’empare de lui et vers un autre Ailleurs : tel l’auteur d’Ubu roi, son mode de création est spiralique. Et la puissance d’attraction de son Animal Imaginaire créé ces jours-ci à La Colline est impressionnante.

« Public, prends courage : la suite est nombreuse ! » D’emblée, le voici averti. Mais c’est qui/quoi le public, au fait ? C’est un doute malicieux qui pousse le romancier à interroger la salle : « Y aurait-il dans la salle un animal habillé en homme, muni d’oreilles attentives et qui transmettrait à son cerveau des signaux qui nous entendent ? ».

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Remarquez, si côté salle, être emporté près de trois heures durant par un flux continu et irrésistible, une spirale catastrophique, constitue une performance, que dire côté scène ! Écoutons Raymond de la Matière : « … texte ! texte ! Je ne sais plus où reprendre… Où a filé la suite de mes séquences en cascades de creux catastrophiques ?… j’ai tout oublié… j’arrête là ! ». Ce n’est pas un hasard si l’un des personnages se nomme « Le Déséquilibriste » : l’acteur novarinien est un cascadeur du Verbe, un vertigineux voltigeur, un acrobate toujours au bord de l’abîme.

Dans Le Vrai sang, insidieusement Valère Novarina transposa...

Fabrice Thumerel

Chercheur en littérature et sciences sociales, Critique fondateur de libr-critique.com