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Enseignement supérieur

Université, sombre bilan

Universitaire et responsable politique

Deux ans après le début du mandat, le Premier Ministre a annoncé une « loi de programmation pluriannuelle pour l’enseignement supérieur et la recherche » dont l’information essentielle est… qu’il n’y aura pas d’accroissement majeur des financements de l’université en 2020. Alors que l’effort financier consacré à l’enseignement supérieur est beaucoup plus faible en France qu’il ne l’est en moyenne pour les pays de l’OCDE, les universités françaises seront (de nouveau) les mal-aimées budgétaires pour ce quinquennat.

Depuis des décennies, l’enseignement supérieur partage avec la recherche la joie et le privilège de faire l’objet de déclarations d’amour enflammées de la part de tous les gouvernements et du (ou de la) ministre en charge du secteur, à chaque fois que reviennent les discussions budgétaires. Pourtant, dans un article publié ici, et dédié aux financements de la recherche française (ou à son sous-financement, devrions-nous dire), nous avons montré qu’entre les déclarations d’amour et les preuves d’amour, la distance est immense, concluant ainsi tristement notre texte : « bien sûr, le président de la République, ses Ministres et ses soutiens peuvent toujours trouver des chiffres qui permettent de masquer la triste réalité des laboratoires de recherche et du quotidien des chercheurs (…). Certains peuvent les croire comme d’autres peuvent toujours rêver d’amour, quand ils n’en ont que les promesses… »[1]

Qu’en est-il pour l’université et l’enseignement supérieur ? Sont-ils soumis a...

Isabelle This Saint-Jean

Universitaire et responsable politique, Professeure à l'université Paris 13, membre de la Direction collégiale et secrétaire nationale du PS