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Société

La langue maternelle des immigrés n’est pas l’arabe

Anthropologue, Historien, Historien

Lors de son discours contre le séparatisme début octobre, Emmanuel Macron a proposé de mieux enseigner l’Arabe à l’école. Le ministre de l’éducation nationale a précisé ensuite qu’il fallait garder cet enseignement dans le cadre de l’école de la République pour éviter de le voir récupéré par des structures périscolaires parallèles dispensant un message plus religieux que linguistique. Mais aucun ne semble s’être interrogé sur la pertinence, et même le danger, d’associer une langue (l’arabe) et une religion (l’islam). L’arabe n’est pas la langue maternelle des immigrés.

Dans une atmosphère politique marquée par l’horrible décapitation d’un enseignant (que rien ne peut justifier et que nous condamnons de toutes nos forces) et par la lutte contre le « séparatisme », le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer, après Najat Vallaud-Belkacem a exprimé, le 6 octobre 2020, sa volonté de renforcer et de normaliser l’enseignement de la langue arabe dans le cadre de l’école de la République, pour éviter, disait-il, que des structures périscolaires parallèles s’emparent de cet enseignement et dispensent un message plus religieux que linguistique.

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Hakim el Karoui[1], dans un rapport remis récemment au gouvernement, souligne que le nombre d’élèves apprenant l’arabe au collège et au lycée a été divisé par deux, alors qu’il a été multiplié par dix dans les mosquées. Malgré la réalité de cette dérive de l’enseignement de l’arabe, Jean-Michel Blanquer n’ign...

Tassadit Yacine

Anthropologue, Directrice d'études à l'EHESS

Pierre Vermeren

Historien, Professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Omar Hamourit

Historien, Chercheur indépendant en histoire du Maghreb