Christian Salmon

Écrivain, Chercheur au Centre de Recherches sur les Arts et le Langage

Christian Salmon est écrivain. Il est membre du Centre de recherches sur les arts et le langage (CNRS). Il a été l’assistant de Milan Kundera à l’École des hautes études en sciences sociales (1984-1988).

En 1993, il a fondé, avec l’appui de plus de trois cents intellectuels des cinq continents, le Parlement international des écrivains dont le premier président fut Salman Rushdie. Il a dirigé le Réseau international des villes refuges et la revue AUTODAFÉ, publiée en 8 langues (1993-2005). Il a collaboré à plusieurs journaux dont Libération et Le Monde. Depuis 2013, il est éditorialiste pour Mediapart.

En octobre 2020, il fera paraître La Tyrannie des bouffons aux éditions Les Liens qui libèrent.

Ses publications sur AOC

vendredi 08.01.21

Analyse

Occupation du Capitole, la face obscure de l’Amérique révélée

par

Face aux images des supporters de Donald Trump envahissant le Capitole, Joe Biden a longuement insisté : ceci n’est pas le vrai visage de l’Amérique. Mais si ces images se sont propagées si rapidement, n’est-ce pas au contraire parce qu’elles révélaient la face cachée de la vieille démocratie ? La preuve est faite, le phénomène Trump n’est pas l’histoire d’un fou qui se serait emparé du pouvoir par surprise, il dit la vérité de l’époque, l’entrée dans une ère politique inconnue où le grotesque, les bouffons, le carnaval vont subvertir et disputer le pouvoir.

vendredi 18.12.20

Critique

Écrire au temps du discrédit – à propos de Cette brume insensée de Vila-Matas (2/2)

par

Face au discrédit général, Cette brume insensée, le nouveau roman de Vila-Matas, accrédite la possibilité d’une littérature réflexive, consciente de son passé et de ses enjeux contemporains, attentive aux mécanismes de l’échange et de la célébrité, comme aux ruses de la disparition de l’auteur qui n’est souvent qu’une case de la distribution auctoriale. Une littérature pour temps de discrédit, armée de pied en cap contre son Industrie (car il y a une industrie littéraire comme il y a une industrie du cinéma).

jeudi 17.12.20

Critique

En finir avec Bartleby –
Vila-Matas, au risque du
pathos du renoncement (1/2)

par

Si l’on en croit la rumeur qui accompagne la publication de chacun de ses livres, Vila-Matas serait le chroniqueur du renoncement des écrivains. Depuis Bartleby et compagnie, jusqu’à Cette brume insensée qui vient de paraître chez Actes Sud, l’écrivain barcelonais écrirait la légende de ces écrivains qui auraient renoncé à écrire, romanciers sans romans, auteurs d’un seul livre. Il aurait fait son miel de l’échec créatif en hissant le scribe Bartleby au rang d’un prophète annonçant la fin de la littérature. Mais il est temps d’en finir avec le prophète Bartleby ! Libérer Bartleby de Vila-Matas et libérer Vila-Matas de Bartleby. Premier volet d’une série de deux articles.

vendredi 13.11.20

Critique

Une « hantologie » de la disparition – à propos de Trois anneaux de Daniel Mendelsohn

par

Dans Trois anneaux, Daniel Mendelsohn évoque plusieurs exils et récits d’exils en une sorte d’anthologie, ou plutôt d’« hantologie ». Car sa maison littéraire est hantée par des fantômes, avec lesquels il dialogue : Erich Auerbach, François Fénelon, W. G. Sebald, ou encore Homère et son Ulysse, incarnation de l’errance. Plongé dans la nuit de l’Histoire, l’auteur fait toutefois scintiller une constellation en reliant, de page en page, des points séparés dans le temps et dans l’espace, grâce à de subtils effets d’échos. Une cartographie des mythes de notre civilisation.

jeudi 05.11.20

Opinion

Hyperréalité du bouffon – Trump et l’élection de 2020

par

Sidérés par l’élection de Donald Trump en 2016, les « libéraux » n’ont guère su opposer à chaque provocation du président américain que leur indignation morale, ce qui est toujours un signe d’aveuglement face à un phénomène politique inédit. Ils peuvent bien rouvrir les yeux, maintenant : le phénomène Trump n’a pas disparu, et quel que soit le résultat final de l’élection de 2020, elle aura au moins montré qu’il n’était pas un accident de l’histoire. Le gouvernement grotesque et l’ère des bouffons est devant nous.