Michel Agier

Anthropologue, Directeur d'études à l'EHESS, Directeur de recherche à l'IRD

Michel Agier est anthropologue, directeur d’études à l’École des Hautes études en Sciences sociales (EHESS) et chercheur à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Il a vécu plusieurs années au Brésil et en Colombie où il a mené des recherches sur les relations raciales et les transformations de la culture noire, avant d’orienter ses travaux sur les changements identitaires et culturels dans le contexte des migrations, principalement en Afrique. Il est notamment l’auteur de Anthropologie du carnaval. La ville, la fête et l’Afrique à Bahia (Parenthèses/IRD, 2000) et de Salvador de Bahia, Rome noire, ville métisse avec des photos de Christian Cravo (Autrement, coll. Monde/photo, 2005). Certaines de ses enquêtes sur les enjeux et les formes du rituel carnavalesque sont reprises dans La condition cosmopolite. L’anthropologie à l’épreuve du piège identitaire, (La Découverte, 2013).

Ses publications sur AOC

mardi 29.09.20

Opinion

Utopie, dystopie, non-fiction. Faire ville, faire communauté (3/3)

par

Le thème des instant cities, ces villes bâties du jour au lendemain, revient dans les débats des urbanistes et architectes d’aujourd’hui, inspirés par l’expérience des campements et autres ZAD. La ville est ré-imaginée sans histoire et sans avenir, comme marquée d’abord par l’immédiateté, l’instantanéité et la précarité. Des réflexions qui rejoignent celles de l’ethnologue qui se demande ce que « faire ville » veut dire, elles permettent de penser la ville en se libérant de la contrainte du réel et du présent, comme le font le plus librement les fictions post-catastrophe.

mardi 25.02.20

Opinion

Texaco, Liberdade, et l’En-ville Faire ville, faire communauté (2/3)

par

Dans un premier volet de cette série d’articles, Michel Agier proposait un urbanisme populaire et interrogeait ce que « faire-ville » veut dire. L’anthropologue illustre ici sa réflexion avec l’exemple du quartier de Liberdade à Salvador de Bahia au Brésil, et celui de la fondation de Texaco à Fort-de-France, racontée par Patrick Chamoiseau dans l’un de ses romans. L’enquête menée au sein de ces milieux sociaux précaires montre ainsi que l’autoconstruction reste la solution la plus pragmatique, plutôt que la destruction trop souvent proposée.

vendredi 07.02.20

Opinion

Que serait un urbanisme populaire ? Faire ville, faire communauté (1/3)

par

Alors qu’en 2050 70% de la population mondiale habitera en ville, il convient de s’interroger : de quelle(s) ville(s) voulons-nous ? À l’heure où fleurissent regards désabusés sur la (trop) grande ville, rappelons que faire-ville est avant tout faire-communauté : renversons la perspective, et partons de la manière dont sont habités les espaces pour repenser l’aménagement du commun. Depuis la marge, la ville s’édifie dans le rêve, utopique, du rassemblement et de la rencontre.

lundi 30.12.19

Analyse

Devenir étranger dans un monde en mouvement

par

Entre 2000 et 2018, 35 000 personnes ont trouvé la mort en Méditerranée, cette mer commune à l’Europe, l’Afrique, et au Proche-Orient. Une hécatombe dont l’histoire se souviendra et qui constitue la preuve physique d’un dérèglement qui devrait nous inquiéter : une partie de l’humanité est, encore aujourd’hui, négligeable, oubliable, sacrifiée sans être jamais sacrée. Il est alors nécessaire de s’interroger sur la figure de « l’étranger », cet « autre », qui n’est ni plus ni moins que nous-même. Rediffusion du 16 septembre 2019.

lundi 16.09.19

Analyse

Devenir étranger dans un monde en mouvement

par

Entre 2000 et 2018, 35 000 personnes ont trouvé la mort en Méditerranée, cette mer commune à l’Europe, l’Afrique, et au Proche-Orient. Une hécatombe dont l’histoire se souviendra et qui constitue la preuve physique d’un dérèglement qui devrait nous inquiéter : une partie de l’humanité est, encore aujourd’hui, négligeable, oubliable, sacrifiée sans être jamais sacrée. Il est alors nécessaire de s’interroger sur la figure de « l’étranger », cet « autre », qui n’est ni plus ni moins que nous-même.