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Politique

Frédérique Vidal et sa gâchette

Théoricien de la littérature

Lorsque Jean-Pierre Elkabbach, tout à son rôle d’incendiaire, reprend le titre du Figaro « L’islamo-gauchisme gangrène l’université », la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche opine du chef, et va même plus loin, en disant que « l’islamo-gauchisme gangrène toute la société ». C’est à ce moment-là qu’elle appuie sur la gâchette. Qu’elle se décharge et qu’elle peut jouir de s’être abandonnée à des pulsions qui certainement la taraudaient. Après cela, plus rien ne compte, elle peut littéralement dire n’importe quoi, elle a franchi cette fameuse limite des personnalités liminales, où le langage et la raison se sont effondrées, peu importe.

Je n’ai pas lu Mein Kampf d’Adolf Hitler mais je pense le faire depuis que j’ai lu hier, le 16 février 2021 Manipuler et stigmatiser, Démystifier Mein Kampf de Albrecht Koschorke qui a paru en traduction française en 2018 après une première parution en allemand en 2016. [1]

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C’était une belle journée d’étude et de recherche, comme je n’en vis presque jamais plus. J’ai lu un livre, certes court, mais en intégralité, de la première à la dernière ligne, je n’ai pas été interrompu mille fois, j’ai souligné des passages j’ai pris des notes, cherché les références mentionnées, j’ai un peu divagué, en pensant aux objets actuels de mes recherches, à un moment où rien ne les a encore cristallisés : la résurgence de la figure de Victor Klemperer, le « fascisme de la langue », les différentes significations culturelles et politiques du mot genre, le sommeil. Tout ça bien sûr, à partir de la littérature. C’était vraiment une belle journée, pas vra...

Lionel Ruffel

Théoricien de la littérature, Professeur à l'Université Paris 8