Jean-Marie Hordé

Directeur du Théâtre de la Bastille, Paris

Jean-Marie Hordé est directeur du théâtre de la Bastille depuis 1989.

Après avoir commencé des études de lettres, il décide de se consacrer à la philosophie. Il devient ensuite critique littéraire pour plusieurs journaux, dont Le Quotidien de Paris et Les Nouvelles Littéraires. En 1973, il est nommé conseiller attaché à la préfecture des Hauts-de-Seine. Il prend la direction du théâtre de Cergy-Pontoise en 1979 et participe au conseil national du Syndeac.

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages parus aux Solitaires Intempestifs : L’Artiste et le Populiste (Quel peuple pour quel théâtre ?) (2017), Le Démocratisateur (2011), Un directeur de théâtre (2008) et La Mort dans l’âme (2003).

Ses publications sur AOC

lundi 22.02.21

Opinion

Absence – à propos des théâtres vides

par

Depuis des mois, les pouvoirs publics s’obstinent à maintenir les théâtres vides. Que cette fermeture soit provisoirement nécessaire, soit… mais attention. Car si l’on considère que la fermeture des salles ne répond qu’à l’absence d’un plaisir passager, il n’y a pas grand drame. Mais décidément, non. En interdisant les théâtres, ce n’est ni de l’essentiel ni du non-essentiel dont le pouvoir nous prive. Plutôt, il ampute notre commune appartenance au monde.

mercredi 21.10.20

Opinion

Couvre-feu, le théâtre doit jouer la création contre l’innovation

par

Durement touchés par le couvre-feu récemment instauré, les théâtres sont plus que jamais appelés à « innover » et à se réinventer. Face à une telle injonction il faut inlassablement rappeler combien le théâtre demeure archaïque, prenant la forme d’une boîte noire qui propose un dispositif très simple : d’un côté des acteurs qui jouent en racontant une histoire, de l’autre des spectateurs qui écoutent et regardent.

lundi 29.06.20

Critique

En art, ce qui n’existe pas ne manque pas

par

Les théâtres et les musées ont rouvert doucement leurs portes puis les cinémas. Que nous a enseigné le confinement de ce « manque » d’art ? Il y a bien eu du manque, mais ce manque était de socialité et non d’art. Il faudrait donc éviter une double erreur : penser que l’absence d’art crée du manque et que de ce manque se déduirait un appétit renouvelé. Une des premières qualités du théâtre est la présence de l’autre, des autres, réunis devant cet étranger qu’est toujours l’art en sa meilleure expression. Les autres nous manquent, mais le théâtre ?

lundi 09.12.19

Opinion

Dans les plis du théâtre, la politique

par

Là où le journaliste s’attache à rendre compte au plus près de ce qu’il voit, l’artiste cherche la « brèche » par laquelle le réel parle autrement, il ne manifeste aucune indifférence mais se met à distance. Le théâtre crée des situations pour construire des « relations » entre les gens, ces relations qui sont le principal sujet du théâtre, autrement dit : ne pas réduire l’Homme à être une fonction dans un système.

jeudi 03.10.19

Opinion

L’interprétation, un accès nécessaire à la démocratie

par

Les faux-monnayeurs de la culture populaire entretiennent avec les populismes une complicité antidémocratique. Réduire le peuple à la voix de son chef auto-proclamé ou la culture à l’immédiateté de la satisfaction relève d’un même hold-up. Face à ce double danger, le théâtre peut proposer une tout autre expérience : celle de l’interprétation.