Jean-Marie Hordé

Directeur du Théâtre de la Bastille, Paris

Jean-Marie Hordé est directeur du théâtre de la Bastille depuis 1989.

Après avoir commencé des études de lettres, il décide de se consacrer à la philosophie. Il devient ensuite critique littéraire pour plusieurs journaux, dont Le Quotidien de Paris et Les Nouvelles Littéraires. En 1973, il est nommé conseiller attaché à la préfecture des Hauts-de-Seine. Il prend la direction du théâtre de Cergy-Pontoise en 1979 et participe au conseil national du Syndeac.

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages parus aux Solitaires Intempestifs : L’Artiste et le Populiste (Quel peuple pour quel théâtre ?) (2017), Le Démocratisateur (2011), Un directeur de théâtre (2008) et La Mort dans l’âme (2003).

Ses publications sur AOC

lundi 29.06.20

Critique

En art, ce qui n’existe pas ne manque pas

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Les théâtres et les musées ont rouvert doucement leurs portes puis les cinémas. Que nous a enseigné le confinement de ce « manque » d’art ? Il y a bien eu du manque, mais ce manque était de socialité et non d’art. Il faudrait donc éviter une double erreur : penser que l’absence d’art crée du manque et que de ce manque se déduirait un appétit renouvelé. Une des premières qualités du théâtre est la présence de l’autre, des autres, réunis devant cet étranger qu’est toujours l’art en sa meilleure expression. Les autres nous manquent, mais le théâtre ?

lundi 09.12.19

Opinion

Dans les plis du théâtre, la politique

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Là où le journaliste s’attache à rendre compte au plus près de ce qu’il voit, l’artiste cherche la « brèche » par laquelle le réel parle autrement, il ne manifeste aucune indifférence mais se met à distance. Le théâtre crée des situations pour construire des « relations » entre les gens, ces relations qui sont le principal sujet du théâtre, autrement dit : ne pas réduire l’Homme à être une fonction dans un système.

jeudi 03.10.19

Opinion

L’interprétation, un accès nécessaire à la démocratie

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Les faux-monnayeurs de la culture populaire entretiennent avec les populismes une complicité antidémocratique. Réduire le peuple à la voix de son chef auto-proclamé ou la culture à l’immédiateté de la satisfaction relève d’un même hold-up. Face à ce double danger, le théâtre peut proposer une tout autre expérience : celle de l’interprétation.

mardi 10.09.19

Opinion

Contre le populisme, la Présence

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Dans un monde menacé par l’empire des visibilités et les mensonges populistes, le théâtre peut fournir un remède inattendu. C’est en effet le lieu où se pense, se réalise l’expérience de la Présence, nécessaire à la création d’une relation non marchande échappant à toute technique, rare îlot d’indépendance devant les pressions consuméristes. L’enjeu n’est pas mince puisque ce qui se joue ici, c’est la liberté. Liberté de penser et de sentir, liberté de se reconstituer autre, liberté d’accéder à une identité narrative.

mardi 16.04.19

Opinion

Une crise de la parole

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La parole politique semble, plus qu’avant, être traversée de fake news, de théories complotistes, de rumeurs infondées, de doubles discours, si cet élan sophiste n’est pas neuf, il incarne une crise de la parole. Et lorsque la réalité des faits s’absente et que la parole qui les rapporte divague, que cela signifie-t-il de l’état de la démocratie, avant toute chose régime de parole ? Être démocrate n’est-ce pas porter une attention totale à une juste répartition de la parole ?