Analyse
Opinion
Critique
Aujourd’hui
04.04
Opinion
École de la confiance, vraiment ? À propos de la formation des enseignants
par Joëlle Blum, Didier Frydman, Philippe Germain, Geneviève Guilpain et Lucas Levrel
Ce jeudi les enseignants sont mobilisés contre la réforme de l'éducation nationale et de la loi dite « pour une école de la confiance ». La « confiance », Jean-Michel Blanquer semble surtout l'accorder aux étudiants qu'il juge capable d'improviser le métier d'enseignant sans formation véritablement solide.Critique
Quand Véronique Ovaldé sourit avec le genre polar
par Sylvie Tanette
Avec Personne n'a peur des gens qui sourient , Véronique Ovaldé signe un faux polar, l'histoire d'une jeune femme en cavale qui se planque avec ses filles dans la maison de sa grand-mère. L'occasion pour l’auteure de Ce que je sais de Vera Candida de remettre sur le métier des questions qui, depuis le début, travaillent son œuvre : la place des femmes et le déplacement.
mercredi
03.04
Analyse
Le Grand Débat National, dernier Acte ?
par Sandrine Rui
Le Grand débat national (GDN) s'installe cette semaine à l'Assemblée Nationale, les députés vont pouvoir discuter des quatre grands thèmes de la consultation, sans voter ce qui n'a rien d'anodin. Alors qu'il touche à sa fin, l'heure du bilan approche pour ce Grand Débat : soit il aura créé les conditions pour dégager les bases nouvelles d'une vie sociale et politique restructurée, soit il ne sera qu’un dispositif participatif de plus, dernier acte de la décomposition du vieux monde sans offrir de perspectives de recomposition.Opinion
Le manifeste anti-Macron des « stratèges » de l’Élysée
par Paul Cassia
Le livre de David Amiel et Ismaël Emelien évoque, en parfait miroir de ce qu’est pour l’heure le quinquennat Macron, les travaux des publicistes que Balzac appelle les « rienologues » : « La page a l’air pleine, elle a l’air de contenir des idées ; mais, quand l’homme instruit y met le nez, il sent l’odeur des caves vides. C’est profond, et il n’y a rien : l’intelligence s’y éteint comme une chandelle dans un caveau sans air ».Critique
L’« énervant » Xavier Dolan – à propos de Ma vie avec John F. Donovan
par Aurélien Gras
Le cinéaste le plus célèbre de sa génération et du cinéma québécois contemporain est de retour. Pour son premier film américain, son septième en dix ans de carrière, après une production compliquée et tumultueuse, il ne se départ guère de ses thèmes de prédilection, l’homosexualité et le rapport avec la mère notamment, ni de sa mise en scène viscérale et chatoyante – avec une facture forcément plus hollywoodienne. Le prodige québécois n’a pas perdu de son talent, il est toujours aussi énervant, on l’aime toujours autant.
mardi
02.04
Analyse
Les mobilités résidentielles : un enjeu pour la cohésion sociale et territoriale
par Brigitte Baccaïni, Mathieu Garnier et Louise Haran
Deux discours s'opposent à propos des mobilités en France : les français seraient ancrés dans leur territoire et auraient ainsi une faible mobilité résidentielle ou, à l'inverse, notre société se caractériserait par son hypermobilité. Les deux sont des mythes, la réalité oscillant entre les deux et ne s'étudiant avec justesse que dans la prise en compte des échelles spatiales. C'est ce que tend à montrer le rapport de l'Observatoire des territoires sur les mobilités résidentielles qui donne à voir les dynamiques et les disparités territoriales au-delà des idées reçues.Opinion
Israël et la loi d’Israël – Netanyahou et l’État juif
par Eric Marty
À quelques jours des élections législatives du 9 avril en Israël, la place des minorités non-juives s'efface derrière la tonalité fortement nationaliste de la campagne. Pour le comprendre, il faut revenir au 19 juillet 2018, quand la Knesset a ordonné une « loi fondamentale » définissant Israël comme le « foyer national du peuple juif ». En rendant explicite ce qui était jusque-là implicite, cette loi a durablement marqué la politique israélienne.Critique
L’instabilité de toute chose – à propos de Christophe Manon
par Françoise Cahen
D'abord porté par l'ampleur universelle d'une écriture au plus près de la nature, Pâture de vent, le nouveau volume de Christophe Manon, bascule ensuite dans un réalisme prosaïque qui éclaire la nature de sa rage poétique, à l’origine de son entreprise littéraire : une rébellion intense qui est une forme de révolte sociale, qui prend racine dans son enfance et son expérience familiale.
lundi
01.04
Analyse
À l’ombre du génocide accompli – Rwanda 1994-1998
par Patrick De Saint-Exupéry
Malgré l'invitation de son homologue rwandais, Emmanuel Macron ne se rendra pas à Kigali le 7 avril pour le 25ème anniversaire de commémoration du génocide contre les Tutsis, génocide qui en 1994 avait fait près d'un million de morts en une centaine de jours. Alors en reportage dans la région, le journaliste Patrick de Saint-Exupéry constate les effets aussi concrets que terribles du négationnisme initié par le président François Mitterrand en introduisant, lors du sommet de Biarritz, la meurtrière et fallacieuse expression de « double génocide».Opinion
Par-delà l’armée, l’autoritarisme et l’islamisme : l’Algérie entre dynamiques sociales et logiques d’État
par Yazid Ben Hounet
Les événements survenus la semaine passée, et notamment l'annonce par le chef d'État-major de l'Armée du recours à l'article 102 à propos de l'empêchement du président de la République, viennent corroborer l’hypothèse d'un scénario de type « révolution des œillets » pour l'Algérie. Car pour comprendre le moment que vit actuellement l’Algérie, il convient de ne pas s'enfermer dans le triptyque armée/autoritarisme/danger de l’islamisme, mais plutôt de s'intéresser profondes dynamiques sociales comme aux logiques d’État.Critique
Agnès Varda (1928-2019)
par Serge Kaganski
Immense artiste, Agnès Varda aura travaillé et joué avec toutes les possibilités du cinéma : courts et longs métrages, fictions et documentaires, noir et blanc et couleurs, argentique et numérique… Né dans la photographie, son travail a fini par déborder bien au-delà des limites du champ du cinéma, jusque dans les espaces des musées et des galeries. Cette ouverture à toutes les possibilités techniques de son outil fut rendue possible par une curiosité insatiable des gens et des lieux. Artiste engagée, Varda l’était, mais à sa manière : qu’il soit intimiste ou social, son propos s'est toujours inscrit dans une recherche plastique, une quête esthétique, un souci d’invention formelle.
dimanche
31.03
Fiction
Toi, moi
par Marcello Fois
Un policier court après un manifestant. L’un est encombré de son uniforme anti-émeute, l’autre agile comme un lièvre. Que la tortue rattrape finalement. Aucune allusion particulière à ce qui se passe chaque week-end en France – le motif principal de cette très émouvante nouvelle de Marcello Fois est à chercher du côté de la paternité. Celui que l'on retient comme un maître du roman noir italien fait partie des invités de la quatrième édition d’Italissimo, festival de la littérature italienne qui commence le 3 avril prochain. Un texte inédit en France et traduit ici par Nathalie Bauer.
samedi
30.03
Entretien
Ginsburg et Huq : « Les mêmes institutions peuvent soit défendre la démocratie, soit hâter son déclin »
par Raphael Bourgois
Depuis l’élection de Donald Trump, de nombreux intellectuels américains se sont donné une mission : sauver la démocratie. L'affaiblissement de ce régime à travers le monde, sa porosité de plus en plus grande à l’autoritarisme qui se manifeste de Brasilia à Budapest, interroge sur la capacité de résistance des garde-fous mis en place depuis les années 30. Dans How to Save a Constitutional Democracy (University of Chicago Press) les professeurs de droit Tom Ginsburg et Aziz Z. Huq reviennent sur l’enjeu central des lois et de la Constitution.
vendredi
29.03
